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À vos agendas !

Pour donner un petit avant-goût des critiques musicales qu’on lira bientôt sur ce blog, je publie aujourd’hui une sélection des spectacles les plus excitants que j’ai prévu d’aller voir et que je présente ici par ordre chronologique.
 

1. Le Nozze di Figaro. Mozart. Paris, Salle Pleyel. 
11 octobre 2013

Alors que de nombreux théâtres parisiens déploient leur tapis rouge pour tant de mauvais chefs, René Jacobs, qui est pourtant le meilleur d’entre eux, n’a droit, depuis des années, qu’à un misérable strapontin dans la capitale : cela doit bien faire dix ans (depuis Opera seria de Gassmann, si je ne me trompe) qu’il n’a pas dirigé à Paris un opéra avec mise en scène. Voilà pourquoi on se réjouit de chacune de ses apparitions, y compris quand il s’agit d’un opéra de Mozart qu’il a déjà exploré et qu’il présentera en version concert. Il revient cette année avec un autre orchestre et une distribution entièrement renouvelée. C’est le Freiburger Barockorchester, fidèle compagnon de route, qui succédera cette année au Concerto Köln, et l’on verra si le trio Spagnoli/Joshua/Karthaüser tient toutes ses promesses. Quoi qu’il arrive, il sera en tout cas intéressant de comparer les différences d’approche entre les deux formations et de vérifier si la vision du chef a évolué tout au long de ces dix dernières années.

 

2. Pantagruel. Benjamin Lazar. Paris, Théâtre de l’Athénée-Louis Jouvet. 
8 novembre 2013

Ne jamais manquer un rendez-vous avec Benjamin Lazar. À l’occasion de ce spectacle présenté la saison dernière à Quimper et repris cette année à Paris, notre metteur en scène préféré retrouve le comédien Olivier Martin-Salvan, qui fut l’inoubliable Monsieur Jourdain de son Bourgeois gentilhomme baroque, créé en 2004 à la Comédie-Française. Ensemble, ils ressuscitent la langue charnelle de Rabelais et font revivre, par le rire et en musique, un des chefs-d’œuvre de notre patrimoine littéraire, en convoquant sur scène toute une galerie de personnages farcesques et burlesques : le géant Gargantua, goinfre rigolard enclin à la paresse, son fils Pantagruel, admiré pour sa grande érudition, sans oublier son fidèle Panurge, ainsi que toute une cohorte de créatures bouffonnes et fantastiques. C’est le compositeur David Colosio qui mettra en musique le texte de Rabelais. On s’attend donc à être, comme le disait Montaigne de la poésie, « transpercé et transporté » par ce facétieux spectacle.

3. Caffarelli. Franco Fagioli. Paris, Salle Gaveau. 
25 novembre 2013

Ce concert risque bien d’être l’événement de la rentrée 2013. Après nous avoir foudroyés l’an dernier dans l’Artaserse de Vinci, le contre-ténor Franco Fagioli est de retour à Paris cette saison pour un récital entièrement dédié au grand castrat napolitain Caffarelli, le rival de Farinelli, dont il vient d’exhumer dans un disque récent un répertoire d’une richesse incroyable. Les airs de bravoure à la Vinci (In braccio a mille furie), avec leurs plus prodigieuses vocalises, côtoieront les airs plus élégiaques, au lyrisme irrésistible, tel le poignant Cara ti lascio du compositeur inconnu Gennaro Manna. Le chanteur sera accompagné par Riccardo Minasi à la tête d’Il Pomo d’oro, un ensemble plein de panache et de verve.

 

4. La Vienne classique.Cecilia Bartoli. Paris, Salle Pleyel.
26 novembre 2013

Sous aucun prétexte, on ne saurait louper le récital annuel de Cecilia Bartoli à Paris. Cette année, la mezzo revient à ses premières amours et remet à l’honneur la musique de Mozart et Haydn qu’elle avait si brillamment interprétée par le passé. Du premier, elle chantera surtout quelques airs de concert, ainsi que l’Exultate jubilate ; du second, des airs de l’opéra Orfeo ed Euridice, dont le sublime Al tuo seno fortunato, qui me plonge à chaque fois dans des états de transe pas possibles, sans oublier la très dramatique cantate Berenice che fai qui a servi de modèle à Beethoven pour sa scène Ah ! perfido, un air que Cecilia Bartoli interprétera également ce soir-là. Quelques arias de Gluck ne sont pas non plus à exclure dans ce programme qui, depuis l’été dernier, subit d’incessants changements. Quoi qu’il en soit, il faudra s’attendre, comme à chaque fois, à une soirée inoubliable et riche en émotions.

 

5. La Calisto. Francesco Cavalli. Munich, Bayerische Staatsoper.
19 janvier 2014 

La Calisto est le chef-d’œuvre de Cavalli, comme Giulio Cesare est celui de Haendel. C’est vraiment l’un des plus beaux opéras vénitiens, à la fois un des plus drôles et des plus cruels aussi. Grâces soient rendues à René Jacobs pour avoir dépoussiéré ces partitions et offert au public une version rajeunie dans enregistrement qui a fait date. Voir La Calisto est toujours une fête et l’on se souvient avoir fait des centaines, parfois des milliers de kilomètres pour voir cet opéra qui, de façon anecdotique, peut passer pour le premier opéra lesbien ! Cette année, La Calisto sera présentée à Munich, dans la production de Bolton et Steinberg qui date de 2006. Mais si nous allons en Bavière, c’est moins parce que nous avons décidé de faire des infidélités à René Jacobs, que pour découvrir le casting éblouissant associé à cette production : Danielle de Niese chantera le rôle-titre, aux côtés de Karina Gauvin et Anna Bonitatibus, qui seront respectivement Junon et Diane. Côté hommes, on ne sera pas non plus en reste, avec Mathias Vidal en Pan, Emiliano Gonzalez-Toro en Linfea et Andrew Foster-Williams en Mercure. Si Luca Tittoto en Giove que nous ne connaissons est à la mesure des trois autres, ce sera alors un vrai festival de voix en perspective !

 

6. Diva. Sonia Yoncheva. Paris, Salle Pleyel. 
28 janvier 2014

On ne parle plus que d’elle en ce moment. Elle triomphe sur toutes les scènes internationales. Hier dans Les Contes d’Hoffmann, aujourd’hui dans Lucia di Lamermoor. En janvier prochain, elle sera de nouveau à Paris, dans un récital Haendel, pour interpréter des airs des différentes héroïnes haendeliennes : Cleopatra, Alcina, Agrippina ou encore Atalanta. Autant dire qu’on ne se privera pas d’aller écouter cette jeune soprano bulgare, dotée d’une voix pulpeuse, agile et puissante, qui est à l’aise dans tous les répertoires, qu’il s’agisse du baroque ou du bel canto. Elle sera accompagnée de Nathalie Stutzmann, à la tête de son ensemble Orfeo 55, qui a conçu un programme réjouissant, intitulé Diva, sorte de pendant féminin du Castrat diva dont elle nous avait régalés il y a deux ans à la Cité de la Musique.

 

7. Riccardo Primo. Georg-Friedrich Haendel. Karlsruhe. Staatstheater. 
26 février 2014

Après Giulio Cesare (1724) et Rodelinda(1725), Haendel est toujours en proie à une diabolique inspiration lorsqu’il s’attelle à la composition de Riccardo Primo (1727) qui est, selon moi, l’un des opéras les plus magnifiques qu’il ait jamais écrits. Alors quand c’est Franco Fagioli qui en interprète le rôle-titre, Michael Hofstetter qui prend la direction de l’orchestre et, last but not least, Benjamin Lazar qui signe et en soigne la mise en scène, on n’hésite pas une seule seconde à foncer jusqu’en Allemagne pour voir ce spectacle. Cette rencontre entre un jeune chef talentueux (voyez sa Didone abandonnata), un metteur en scène débordant d’imagination et le plus spectaculaire contre-ténor de sa génération, sera, à n’en pas douter, l’un des plus grands événements opératiques de la saison 2013-2014.

 

8. Elena. Francesco Cavalli. Lille, Opéra de Lille.
9 et 10 avril 2014.

Toute la presse fut unanime cet été pour saluer la résurrection de cette Elena qui aura vraiment été la grande surprise du Festival d’Aix 2013. En effet, ce n’est pas tous les jours que des chefs se mettent à déterrer des partitions inconnues d’opéras vénitiens, et il faut donc saluer ici la grande audace défricheuse du jeune chef argentin Leonardo Garcia Alarcon qui, manifestement, marche avec beaucoup de sûreté et de hardiesse sur les pas de René Jacobs, notre maître à tous en ce domaine. Avec son ensemble Cappella Mediterranea, il repart en tournée pour présenter cette belle Elena, avec le même plateau. À une exception – regrettable – près : le contre-ténor Valer Barna-Sabadus, qui chantait Ménélas, ne sera cette fois plus de la partie. L’ensemble sera à Montpellier, à Versailles, à Lille – c’est dans cette dernière ville que nous avons choisi de faire escale pendant deux jours : à 33 euros le fauteuil de première catégorie, on aurait vraiment eu tort de s’en priver.

 

9. Otello. Rossini. Paris, Théâtre des Champs-Élysées. 
17 avril 2013. 

Elle a du mal à le croire quand on le lui dit, mais cela fera bientôt 22 ans que Cecilia Bartoli ne s’est plus produite sur une scène d’opéra à Paris. La dernière fois, c’était dans Le Nozze di Figaro, à l’Opéra Bastille. Elle avait 25 ans. Alors quand le Théâtre des Champs-Élysées déploie se met en quatre pour inviter la plus grande chanteuse de tous les temps, sans augmenter faramineusement le prix des places, on applaudit des deux mains. La stupendainterprétera le rôle de Desdemona, aux côtés de John Osborn, qui chantera pour sa part Otello, dans la production zurichoise signée par le tandem Leiser/Caurier. Une occasion, aussi, de retrouver Jean-Christophe Spinosi, qui n’en est pas à son premier Rossini, à la tête de son ensemble Matheus. Vivement avril prochain !

 
 

10. Orlando. Georg-Friedrich Händel. Paris, Cité de la Musique.
19 juin 2014

Orlando est opéra à l’intérieur duquel règne un climat musical tout à fait unique et qui comporte, outre des airs neufs pleins de fougue et de vitalité, un nombre importants de récitatifs accompagnés, proche des ariosos, qui semblent à Haendel plus appropriés pour exprimer la folie et les errances du héros. C’est le grandiose Bejun Mehta qui en interprètera le rôle-titre et René Jacobs, une nouvelle fois, qui sera à la direction du jeune ensemble Baroque Orchestra B’Rock, établi à Gand depuis 2005, qui s’est donné pour objectif de renouveler l’interprétation de la musique ancienne en mettant surtout l’accent sur l’expressivité. Ce spectacle qui fut créé à Bruxelles en 2012 revient à Paris en 2014 dans une distribution quasi identique, avec Kristina Hammarström en Medoro et Sunhae Im en Dorinda (seule Sophie Karthaüser sera remplacée par Lenneke Ruiten dans le rôle d’Angelica). Mais on fait ici le pari que le plaisir sera supérieur à celui de la création bruxelloise, car le public parisien n’aura plus cette fois à se coltiner la mise en scène affreuse conçue par Pierre Audi qui avait, je dois dire, un peu gâché la fête.

 

11. L’Italiana in Algeri. Rossini. Dortmund, Konzerthaus.
29 juin 2014 

Encore Cecilia Bartoli ! Et toujours dans un Rossini ! Avec un de ses plus fidèles compagnons de route, l’infatigable Jean-Christophe Spinosi, qui sera de nouveau à la direction de l’ensemble Matheus, lequel devrait nous offrir la première Italienne à Alger sur instruments d’époque. Il faut dire que Cecilia Bartoli a décidé, en 2014, de mettre le cap sur Rossini, en le remettant à l’honneur du festival de Salzbourg et en interprétant pas moins de trois opéras : Otello, bien sûr, qu’elle chantera à Paris et à Salzbourg, Cenerentola, qui sera représenté à Salzbourg également et, enfin, L’Italiana in Algeri, qui sera donné dans une version concert à Dortmund. Cet opéra de Rossini est un de ceux qui me mettent le plus en joie : le maître y a composé des pages d’une furieuse et redoutable allégresse. C’est une espèce de Cosi fan tutte à l’envers, où les femmes ont le beau rôle, et notamment Isabella, qui se lance à l’assaut du palais de Mustafa pour libérer son amant. C’est naturellement la délicieuse Cecilia qui chantera le rôle d’Isabella, aux côtés de son compatriote, le baryton-basse Ildebrando d’Arcangelo, qui lui apportera la réplique dans le rôle de Mustafa. Une confrontation qui s’annonce déjà hilarante…

Et vous alors, quels spectacles avez-vous prévu d’aller voir ? 

Photos : 1, 10. Marco Borggreve. 2, 7. Nathaniel Baruch. 3. Julian Laidig. 4. Georg Friedrich. 5. D.R. 6. Javier Del Real. 8. Pascal Victor. 9. Hans Jörg Michel. 11. Mary McCartney

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